Les 5 raisons d'utiliser Digikam pour la gestion de vos photos
Pourquoi j'ai choisi Digikam pour ma gestion de photothèque : Le guide du photographe de sport
En tant que photographe vidéaste de sport, la gestion du flux de travail (workflow) est le nerf de la guerre. Voilà maintenant 6 mois que j'utilise le logiciel Digikam pour le tri de mes photos et la gestion de ma photothèque.
Grâce à Digikam je manage aussi bien mes projets photos persos que mes projets photos professionnels. Dans cet article je vais vous présenter en détails pourquoi je suis passer à Digikam et quelles sont les 5 raisons qui font que je ne peux plus m'en passer pour mon activité de photographe professionnel.
Les 5 raisons d'utiliser Digikam pour la gestion de vos photos
Décoréler le tri du post-traitement photo
Retrouver ces photos en un clique La puissance de la recherche
Un logiciel Libre, gratuit et Open source
Un logiciel universel Multi plateforme
La possibilité d'héberger ces donnés sur un serveur distant
Avant d'entrer dans le vif du sujet, un petit rappel pour ceux qui ne le connaitraient pas :
Digikam, c'est quoi ?
Digikam est un logiciel de gestion de photos numériques (DAM - Digital Asset Management) open source, gratuit et ultra-complet. Disponible sur Windows, macOS et Linux, il permet :
Une organisation massive : Il permet d'importer, d'organiser et de parcourir des dizaines de milliers d'images (RAW, JPEG, TIFF) grâce à un système puissant d'albums, de dossiers et de balises (tags).
Un catalogage et des fonctions de recherches complexes et avancées : AVec des filtres, des tags et l'utilisation de métadonnées EXIF, IPTC et XMP.
L'IA au service de l'image : Reconnaissance faciale et géolocalisation intégrées. Il excelle dans la gestion des données EXIF, IPTC et XMP. Il inclut même des fonctionnalités de reconnaissance faciale et de géolocalisation.
C’est l’alternative gratuite et robuste par excellence à Adobe Lightroom pour ceux qui veulent une séparation nette entre gestion et développement.
Attention : Digikam est principalement un logiciel de tri uniquement et non de retouche. Contrairement à Lightroom qui propose une solution tout en un, pour un workflow globale il vous faudra combiner Digikam à un logiciel de développement RAW (et de retouches) tels que Capture One, Affinity photo, Darktable ou RawTherapee. Digikam intègre des outils de traitement d'image pour ajuster les couleurs, réduire le bruit numérique ou appliquer des filtres, mais ils ne sont pas au niveau de vrais softs spécialisés tels que Darktable ou Capture one.
Je recommende vivement l'utilisation
Au début de ma carrière de vidéaste et photographe professionnel, je ne voyais pas l'intérêt de m'embourber avec plusieurs logiciels et je pensais que cela allait trop complexifié le process. Mais avec le temps, j'ai compris l'importance d'avoir UN outil pour UNE tâche. Et un outil qui le fait bien ! Plutôt que des usines à gaz qui nous enferment dans des écosystêmes. C'est ce que je vais tâcher de vous présenter et expliquer aujourd'hui.
A quels photographes s'adresse Digikam ?
Digikam c'est l'outil de prédilection des photographes exigeants qui recherchent une solution robuste et pérènne pour classer leurs photos et les retrouver facilement dans 30 ans. Il s'adresse aussi bien au photographes amateurs qu'aux photographes professionnels qui ont besoin (et envie) d'avoir une grande rigueur dans le tri de leurs photos.
Mon ancien Workflow : les limites de Darktable pour trier mes photos
Avant d'adopter Digikam, je centralisais tout sur Darktable. Non pas comme un simple logiciel de développement RAW et de retouches photos mais également comme gestion phototèque puisqu'il embarquait des fonctionnalités intéressantes pour la gestion et la recherche de photos comme les tags, les couleurs, les étoiles et surtout : la possibilité de faire des recherches assez avancées en combinant des métadonnées avec des opérateurs booléens (et ou not etc...). L'intégralité de mon workflow était centralisé dans Darktable à la manière de ce qu'on peut retrouver chez Adobe Lightroom.
C'était assez puissant et très pratique quand j'ai débuté la retouches il y a une dizaine d'année. Avoir un seul et unique logiciel me paraissait excellent. C'était une solution idéale à mes débuts il y a dix ans. Mais avec le temps, j'ai fini par atteindre une limite critique. En tant que photographe de sport professionnel, je manipule aujourd'hui des téraoctets de données. Entre les shootings de compétitions, les sessions outdoor et mes photos de vacances ou autres projets personnels, la navigation devenait critique. J'avais de plus en plus de mal à naviguer dans mes collections, à retrouver tel ou tel photo, savoir lesquels j'avais retouchées ou non. Bref j'étais perdue.
Je suis arrivé à un moment où il devenait très pénible de naviguer dans les collections. De chercher les albums que je n'avais pas encore pris le temps de retouchés, dont les potos n'était pas taggées et/ou numérotées car dans le feu de l'action et des grosses saisons de sport il m'arrive de rusher le tri. Je décharge mes cartes SD entre deux shootings sans prendre le temps de retoucher et classer avant de repartir pour un autre shooting.
Comment faire si je veux changer de logiciel de retouches photos sans perdre tout mon travail et des années de tri ? Un bon système de tri photo est une système qui devrait pouvoir nous suivre des dizaines d'année si ce n'est toute une vie ou toute une carrière.
Passé un temps (avec la version 5.0 de Darktable) j'ai eu une période ou j'étais frustré par le logiciel et certaines régressions entre deux versions. J'ai songé à changer de crémerie. J'envisageai notamment de tester ou de passer sur capture one ou affinity. Mais comment faire puisque toutes les photos étaient "trier" et "classer" sous Darktable ? Que se passerait-il si je voulais passer sur Capture One ou Affinity Photo ? Je perdrais tout mon travail de tri. C'est là que j'ai compris l'importance de décorréler le tri de la retouche.
Je me sentais "prisonnier" d'un seul logiciel et c'est à ce moment que j'ai pris conscience, qu'utiliser un logiciel externe, spécialisé dans la gestion de phototèque (et non dans la retouche) pouvait être pertinent.
5 raisons de passer à Digikam pour votre flux de travail photo
1. Décorréler le tri du post-traitement (retouche photo)
C'est la raison majeure de mon passage à DigiKam. En utilisant un logiciel indépendant pour la gestion de photothèque, je m'assure une liberté totale. Si demain je décide de quitter Darktable pour un autre logiciel de post-traitement, mon tri reste intact. C'est une assurance-vie pour votre catalogue photo : votre structure vous suit durant toute votre carrière de photographe vidéaste, quel que soit l'outil de retouche choisi.
C'est à ce moment que j'ai pris conscience, qu'utiliser un logiciel externe totalement indépendant, spécialisé dans la gestion de photèque (et non dans la retouche) pouvait être pertinent. Si un jour je souhaite passer de Darktable à Capture One ou lightromm. C'est possible. Même si ces logiciels n'utilisent pas les mêmes tris, j'ai la certitude que je garderai mon tri à vie. Une véritable assurance vie quand on sait le temps qu'il faut pour arriver à structurer une phototèque.
2. Le pouvoir magique de retrouver n'importe quelle photo en un clique
Digikam est un DAM, un Digital Asset Maganer. Comprendre par là qu'il s'agit d'un puissant moteur de base de donnée. Gràce à l'indexation des metadonnées de vos photographies les possibilités de recherches sont infinies.
Digikam propose des outils tels que les tags, les étoiles, les couleurs, les coordonnées GPS etc. pour vous permettre de classifier vos photos.
Cela demande une organisation et une rigueur dans la gestion de vos photos, mais si vous faites le travail, ls possibilités sont infinies. Vous aurez par exemple le super pouvoir de sortir en un seul clique sortir toutes les photos de votre cousin et son chien entre 2022 et 2025 prise avec votre SONY A3 lors de vos vacances dans le sud-ouest de la France. Ou dans un exemple plus sport, vous pourriez par exemple sortir instantannément tous les bangers (vos plus belles photos) de skate et bmx.
Vous pouvez ainsi combiner des filtres très puissants pour faire des recherches poussées. Si vous êtes photographes vous pourrez très facilement sortir toutes vos photos de shooting professionnels pour tel ou tel client.
Terminé les recherches interminables dans les dossiers en parcourant des miliers de photos. Vous retrouvez instantannément toutes les photos que vous souhaitez. (Il y a même des fonctions de tris intelligentes par IA et de la reconnaissance faciale. Je n'ai encore jamais utilisé cette fonction mais ça à l'air vraiment pertinent.)
Pour un photographe de sport professionnel, c'est un gain de temps phénoménal pour retrouver les "bangers" (les meilleures prises) d'un athlète spécifique ou d'un client précis.
3 La puissance et la liberté d'un logiciel Libre Open Source
L'argument massue qui m'a fait opté pour Digikam comme DAM, c'est également son côté libre et open source.
Quels sont les avantages d'un logiciel libre open source ?
L'Indépendance : Pas de modèle d'abonnement forcé. Tu ne dépends pas d'une seule entreprise. Si l'éditeur fait faillite ou qu'il change de modèle économique (coucou adobe), le logiciel peut continuer à vivre grâce à ses utilisateurs.
Souveraineté des données : Vous êtes le seul maître de vos fichiers. Tes données restent sur ton disque dur. Aucune analyse de tes photos n'est envoyée dans le cloud d'une entreprise privée.
Pérennité de vos données : Étant un logiciel ouvert, DigiKam utilise des standards universels. Vos données seront encore lisibles dans 40 ans.
Le prix : Un logiciel libre open source comme Digikam est 100% gratuit à vie.
Pourquoi c'est important ?
Pour moi c'est CAPITALE car cela significance que vous êtes souverain de vos données. Et que ces données, vous pourrez y accéder et continuer de les utiliser TOUTE VOTRE VIE. A moins de perdre votre disque dur mais ça c'est une autre histoire.
Beaucoup de photographes utilisent des logiciels propriétaires comme Lightroom pour la gestion de leurs photos. Chacun son truc, mais je trouve personnellement que c'est un pari extrêment risqué. Comment garantir que l'accès à votre phototèque sera toujours gratuite et autorisée par Adobe dans 20 ans ? Aucune.
Pour moi, on peut vouloir opté pour un logiciel propriétaire pour de la retouche de manière à vouloir profiter des toutes dernières fonctionnalités et de l'ergonomie pour la retouche. Mais confier également la gestion de sa phototèque c'est un pari plutôt risqué.
Peut-être que dans ma carrière professionnelle ou personnelle, j'aurai des phases ou je voudrais tester des nouvelles méthodes de retouches (Lightroom, Capture one, Affinity). Mais je ne veux pas que ça impacte la gestion de mes photos.
Je veux pouvoir accéder à mes photos et les cataloguer pendant les 40 prochaines années. Que ça puisse me suivre toute ma carrière et toute ma vie. Je ne veux pas passer des millers d'heures à organiser mon travail avec le risque de tout perdre un jour.
Et pour ça, avoir un logiciel indépendant open source est une bénédiction. Aujourd'hui j'utilise donc majoritairement Digikam pour trier, stocker et classer toutes mes photos et Darktable pour la retouche. Demain j'utiliserai peut-être d'autres soft pour la retouche, mais je pense rester très longtemps sur Digikam.
Certaines personnes seront peut-être tentées de me demander comment ferais-je si un jour je dois pour quelquoncque raison migrer vers un autre logiciel. Cette question peut-être légitime, et même si 'ai du mal à voir pourquoi ça pourrait arriver, la réponse est très simple. Je migrerai. Car de part sa philosophie Open source, Digikam est un logiciel OUVERT. Entendre par là que tout est fait pour que les fonctionnalités utilisées soient des standards qui puissent être facilement importés dans n'importe quel logiciel propriétaire.
4. Un logiciel universel et multi plateforme
Contrairement à certains logiciels propriétaires limités à un écosystème, DigiKam fonctionne parfaitement sur Windows, macOS et Linux. Si vous décidez de changer de système d'exploitation pour votre station de montage ou votre laptop de terrain, vous ne perdrez pas vos habitudes ni votre bibliothèque.
Ainsi vous n'êtes pas bloqué dans un eco-systême. C'est très intéressant si vous souhaitez faire la transition vers Mac ou Linux pour une quelconque raison.
La possibilité d'héberger ces données sur un serveur distant (NAS)
C'est quelque chose qui ne sera pas utile à tout le monde mais c'est un véritable game changer pour les photographes professionnels. DigiKam permet de stocker sa base de données sur un serveur (MySQL) ou un NAS et ainsi y accéder sur tout vos appareils partout dans le monde car relié à Internet en continue.
Cela me permet très facilement de pouvoir faire des séances de tris et de cataloguage de mes photos quand je suis en déplacement. Plutôt que gérer des Téraoctets de photos, Digikam possède une base de données de miniatures beaucoup plus légères qui vous permet de faire les opérations de tris à distance car il y a la fonction de ne pas charger les fichiers high res.
Mon usage : Ainsi j'ai accès à ma base de données ou que je sois sur tous mes PC (y compris mon vieux laptop qui tourne sur Linux). Je peux faire mon tri confortablement dans mon canapé sur mon vieux laptop Linux via des miniatures légères, sans charger les fichiers haute résolution. Une fois le tri fini, je retrouve tout synchronisé sur ma station de travail équipée d'écrans EIZO pour la retouche finale.
Les fonctions de bases de données avancées permettent également à plusieurs utilisateurs d'accéder et modifier les données sans craindre une corruption du systême avec MySQL.
Encore une fois on parle de fonctionnalités qui seront probablement surdimensionnées pour des photographes vidéastes de sport amateurs, mais pour des professionnels, ce sont des fonctions indispensables.
Conclusion : Un investissement pour l'avenir
Après 6 mois d'utilisation, mon seul regret est de ne pas avoir fait la transition plus tôt. Passer sur DigiKam, c'est choisir la sérénité. En tant que photographe vidéaste de sport, mon temps est précieux : je préfère le passer sur le terrain ou en création plutôt qu'à chercher un fichier perdu dans des dossiers mal rangés.
C'est quelque chose qu'on devrait réfléchir au début de notre carrière mais on n'a parfois pas l'expérience pour prendre les bonnes décisions à ce niveau là. La transition a pris du temps mais aujourd'hui je suis comblé. J'ai totalement adopté Digikam dans mon workflow photo et je ne me verrais plus revenir en arrière.
J'ai enfin retrouvé la possibilité de jongler entre mes dizaines de milliers de photos très facilement. Elles sont accessibles sur tous mes appareils et je peux faire des recherches combinés très complexes et puissantes.
Enfin, et c'est bien ça le plus bel argument : passé sous Digikam c'est le choix de la pérennité et la garantie que j'aurai toujours accès à ma phototèque organisée dans 20 ans.